A défaut du SIRPA, son cursus lui fait rejoindre le Service Sanitaire des Armées (SSA) où on l’envoie rapidement aux côtés d’une unité américaine [USMC] basée sur une petite île perdue en Mer du Nord mais d’une teneur stratégique. Cela lui permet indirectement d’analyser en situation les effets des dégâts post-traumatiques (PTSD) sur l’être humain. Les "Navy-Seals" laisseront bientôt la place à un Bataillon Français [BOTF] qui recruteront nombre des effectifs déjà familiers du théâtre d’opération. Le Corporal Pin réussit à garder son statut au sein de l’arbre médicale poursuivant ainsi sa progression dans la hiérarchie.
Cela l’emmène sous le Soleil Égyptien tandis que l’on confie au désormais Sergent, la direction de l’élément sanitaire mis en place sous les ordres du 36ème Régiment Médicalisé [36RMED]. Au contact de la population locale, il se familiarise avec de nouvelles et finalement très anciennes manières naturelles de soigner, ce qui étonne ses supérieurs dans un premier temps allant vers la satisfaction au vue des résultats dans les rangs. Il envoie régulièrement des rapports sur ses expériences concluantes. Le 36ème RMED reste conjoint aux opérations de la Force d'Actions Rapide [FARF] détachée du précédent Bataillon. Le sous-officier continue de monter en grade et peut désormais former et choisir les hommes à ses côtés. En parallèle, il est rapidement mêlé et entraîné malgré lui dans un contexte compliqué et fragile sur les traces d’un groupe fanatique international, ce qui finira par lui faire perdre tous repères.
Il écrit de temps en temps aux siens, mais ne pouvant révéler une vérité inconcevable, reste évasif et s’invente dans une histoire qu’il souhaiterait réelle.. Le médecin se remet en question lorsque cette Force Armée se lance à corps perdu face à une menace bactériologique qui les entraîne jusque dans une Europe de l’Est sans existence réelle, à la poursuite de trafiquants d’armes et de stupéfiants lié aux réseaux mafieux. Cela est un échec, l’unité est dissoute, l'affaire classifiée.. Et si certains désertent dont les officiers, d’autres sont radiés, ceux qui ont tenu bons payent les pots cassés à l’instar de l’Adjudant Pin rétrogradé au plus bas de l’échelon mais toutefois autorisé à garder ses fonctions de soignant au sein de la composante pour « Mérite exceptionnel » (…) des mots qui n’ont plus vraiment de sens dorénavant.
Transféré à la 4ème Division du Groupe d'Opérations Français [GOAF], il perd peu à peu ses illusions et la dureté des combats le rend insensible à la souffrance des autres.. Cela n’était-il pas déjà le cas avant ?.. Un mois plus tard, ce jeune idéaliste qui a toujours rêvé d'une vie différente tournée vers l'aventure, de nouvelles valeurs, un autre angle de vue, retrouve la sérénité illusoire de la Métropole. Juliette l’accueille avec une joie sans retenue aux côtés de sa grand-mère, pourtant l’ancien sous-officier semble revenir dans un monde qu’il ne connaît plus, l’impression d’être parti depuis des années oubliant sa vie d’avant.. En famille, il préfère porter sa croix seul sans souffler mot à personne, même la nuit après un sursaut ; ce serait trop long, trop compliqué, et le règlement..
Par la suite, le SSA le détache auprès de différents groupes et détachements sous différents drapeaux aux 4 coins du monde. Nicolas en profite pour continuer ses essais sur de nouveaux remèdes sans séquelle ni accoutumance.. Il revient de temps en temps chez lui ; Juliette attend un heureux événement quand il est envoyé rejoindre une autre Force Opérationnelle [FOF] dans un contexte tout aussi sensible et complexe que ce qu’il a déjà connu. A la surprise de tous, bénéficiant de quelques appuis il recentre son chemin dans un tout autre domaine qu’il avait effleuré jadis, lorsqu'il pilotait au besoin des hélicoptères de reconnaissance ou s’occupant lui-même de certains véhicules dont le « Médi-VAB » dans les dunes.. Ce sera maintenant à la Logistique, parfois au Planton, que le 2ème classe Pin tentera de s’émanciper de son fardeaux, loin des combats.
Mais si l’armée est une famille comme on se plaît à le dire, certaines incohérences dans le mécanisme basique replacent le désormais mécanicien dans ses turpitudes. Blasé, le soldat ne se sent plus à sa place dans un monde qu’il ne comprend plus ; une reconversion s’impose : tout laisser tomber ? Ce n’est pas si simple.. À l’approche des fêtes il se fustige de ne pouvoir soutenir sa Reine traversant une passe difficile, tout comme le petit Pin qui vient de voir le jour, là non plus le grand Pin n’était pas là pour l’accueillir. À tort, il se remémore certains papiers traduits du cyrillique où certains s’enorgueillissaient de leurs joies personnelles. Tout cela commence à faire beaucoup…
.. Nicolas Pin — aka « lapin » — ne trouve pas d'autre alternative que de faire jouer les rares relations qui lui reste pour rejoindre une unité indépendante de l’armée [LIF] dont la réputation, les projets et le libellé semblent inspirer le soldat médecin, se rapprocher de ses idéaux.. .. Cela lui sera-t-il enfin favorable ?