Tout a vraiment commencé le soir où j’ai balancé mon balai comme un javelot olympique sur la tête du chef racketteur. Le lendemain matin, je me suis réveillé dans une cave qui sentait la sueur et le café brûlé, avec un brassard tricolore cousu à la va-vite sur mon peignoir.
Le chef de section (un ancien para qui s’appelle Jeff) m’a regardé et a lâché :
« Toi, t’es clairement pas fait pour l’armée régulière… mais t’es exactement ce qu’il nous faut pour la LIF. »
Ma formation express (3 semaines de pur chaos) :
Semaine 1 : Apprentissage du tir. J’ai réussi à vider un chargeur entier sur la cible… d’à côté. Le moniteur a dit : « Félicitations, t’as touché le panneau publicitaire “Bienvenue à Bobigny”. » J’ai répondu que c’était du sabotage psychologique.
Semaine 2 : Course d’orientation. Je me suis perdu. J’ai fini par demander mon chemin à un SDF qui m’a vendu une carte Google Maps imprimée en 2012. Je suis revenu avec trois heures de retard, un kebab et un nouveau pote qui s’appelle Momo.
Semaine 3 : Combat au corps-à-corps. J’ai glissé sur une flaque d’huile de moteur et j’ai fait une prise de judo involontaire sur mon instructeur. Il s’est retrouvé au tapis en criant « PUTAIN MOREAU ! ». Depuis, ma technique s’appelle officiellement « La Glissade Fatale ».
Malgré tout ça, ils m’ont gardé. Parce que, comme dit Jeff : « T’es nul, mais t’es drôle. Et dans une milice, le moral c’est 70 % de la guerre. »
Mon premier déploiement (et déjà une légende)
On m’envoie sécuriser un quartier sensible. Mission simple : tenir un check-point.
À 14h37, une voiture arrive. Je fais signe de s’arrêter. Le conducteur me regarde, panique, et accélère.
Moi, dans un élan de génie, je balance mon gilet pare-balles sur le capot comme un filet à requin. La voiture s’arrête net. Dedans : une mamie qui allait juste chercher ses médicaments.
Résultat :
La mamie m’a adopté.
J’ai eu droit à une engueulade de 45 minutes.
Et une nouvelle devise dans la section : « Si La Brêle te dit stop… tu stoppes. »
Comment j’ai officiellement intégré la LIF
Après trois mois de conneries héroïques, ils m’ont fait passer devant le conseil.
Le grand chef m’a demandé :
« Moreau, pourquoi tu veux vraiment rejoindre la LIF ? »
J’ai répondu, très sérieux :
« Parce que ma femme est partie avec Kevin, mon patron m’a viré pour 47 000 balles envoyés chez Jean-Mi Pizza, et que j’ai plus rien à perdre. Autant que ça serve à quelque chose… et que je puisse enfin tirer sur autre chose que des tableaux Excel. »
Il y a eu un silence de trois secondes.
Puis tout le monde a explosé de rire.
Le chef a tapé du poing sur la table :
« Bienvenue chez les fous, La Brêle. T’es maintenant mercenaire officiel de la LIF. »
Aujourd’hui
Je suis toujours aussi moyen au tir, toujours aussi bordélique en déplacement, mais je suis devenu le spécialiste des improvisations absurdes qui marchent.
On m’appelle quand ça sent le roussi, parce que je suis le seul capable de faire rire tout le monde pendant qu’on recharge sous le feu.
Devise personnelle actualisée :
« Kevin m’a pris ma femme.
La vie m’a pris mon boulot.
La LIF m’a pris… et elle sait pas encore dans quoi elle s’est embarquée. »
Prêt pour la prochaine embuscade.
Ou la prochaine blague.
Souvent les deux en même temps.
La Brêle – Soldat par accident, mercenaire par dépit, légende par défaut.